Parlons un peu du stress, de ses origines et de ses conséquences.

Le stress fait partie de cette liste de mots galvaudés qu’on utilise à tort et à travers.

Il n’est guère aisé d’en donner une définition simple. Les spécialistes s’insurgeront contre d’éventuelles imprécisions et les amateurs d’idées préconçues se verront troublés par l’évidence … et la rejetteront.

La définition qu’en donne le Robert Historique est en partie la suivante : « … désigne la réponse de l’organisme aux facteurs d’agression physiologiques et psychologiques ainsi qu’aux émotions qui nécessitent une adaptation. […] «  Nous savons par ailleurs que cette réponse de l’organisme comporte plusieurs réactions. Pour résumer et ne retenir que ce qui peut être utile pour ce propos, notons que : le stress mobilise en priorité les facultés du cerveau qui servent à lutter et à fuir. Et pour faire face à l’urgence, le cerveau délaisse d’autres facultés : celles qui servent aux apprentissages, entre autres !

Il est simple de faire ce rapprochement : s’agacer, s’énerver, ménacer, crier, se désespérer auprès d’un élève en difficulté est totalement contre productif et ne sert strictement à rien. Qu’il s’agisse d’un professeur, d’un parent ou d’un soutien quelconque, les premières conditions à mettre en place sont celles de la sécurité et de la confiance. L’expérience a même prouvé que les difficultés surgissent précisément en l’absence de sécurité et de confiance. Et, quoiqu’on en dise, il y a de nombreuses raisons pour que la sécurité et la confiance soient absentes.

Tout d’abord l’importance de l’enjeu : la Sociologie de l’Education ne cesse de le démontrer, en dépit des discours de circonstance, la quasi totalité des parents sont convaincus que l’un des meilleurs facteurs de réussite sociale reste l’éducation scolaire, quelle qu’en soit la forme. C’est, d’un commun accord tacite, une clef indispensable. Les avalanches de critiques faites sur notre système le prouvent. Le sentiment d’insatisfaction à son égard témoigne des attentes. Les élèves, toutes antennes dehors, le savent très bien. Et ce ne sont pas les tirades de ceux qui arguent d’y être arriver sans ce système qui changent la perception des élèves, petits et grands. L’école, c’est très important, tout le monde le sait ! On ne critique pas ce qui indiffère …

Viennent ensuite les approbations et les réprobations. Qui ne se souvient pas des exclamations, des félicitations que reçoivent, rares désormais, ceux qui en orthographe, en grammaire, en conjugaison, en rédaction et autre dissertation, excellent ? A contrario qui n’a pas entendu les quolibets qui font cortège aux commentaires des professeurs lors de la restitutions des copies ?  » … Illisible ! C’est juste, mais la formulation est impropre … – 2 pour l’orthographe … » (Une des mesures importantes que soutient ce blog est d’ailleurs d’obtenir que les résultats, les notes puissent demeurer confidentiels si l’élève le désire. Ne pas être exposé sous l’angle de ses résultats devrait être un droit et un facteur de sécurité, justement !)

Et l’on pourrait poursuivre par les arguments des élèves et les faits eux-mêmes. En effet, le langage SMS et les codes diffus des messageries instantanées prouvent que la tradition écrite et ses usages ne sont pas indispensables à la communication. Cependant, vos commentaires sur les sites, vos échanges écrits sont lus, et vous ne savez jamais réellement par qui en définitive. Et bien que nous aborderons par ailleurs le rôle oppressant de ceux qu’on appelle les ayatollahs de l’orthographe, l’on vous juge sur la manière dont vous écrivez. Les codes langagiers paralèlles ne sont que d’autres langages, des langages qui se rajoutent, qui s’additionnent. Les élèves auraient donc la capacité d’intégrer plusieurs outils de communication ; ce n’est même pas un conditionel : ils ont la faculté de parler plusieurs langues et langages. Et cette faculté adaptatrice répond à un besoin, comme les malfrats ou les débardeurs des Halles de Paris usèrent de l’argot pour tromper la police et la concurrence. Le langage SMS est un besoin. C’est le besoin de cacher son intimité, c’est le besoin de cacher ce qui compte vraiment, c’est le besoin d’appartenir mieux à une confrérie où l’on se reconnait, de partager une valeur commune. Les parents d’aujourd’hui seraient-ils trop curieux, trop envahissants, inquisiteurs ? Seraient-ils trop stressants ? Et pourquoi ?

On pourrait poursuivre en énumérant de nombreuses circonstances où la confiance et la sécurité ne sont pas présentes. La pression du groupe : il y a des élèves qui ne veulent pas que l’action scolaire se déroule normalement (si c’était le cas, cela mettrait en évidence quelque chose qu’ils veulent absolument masquer) et ceux-là sont passés experts dans l’art savant et méticuleux du sabotage. On pourrait également évoquer les questions d’image, et d’une manière plus générale l’incoutournable Estime de soi (nous y reviendront, bien évidemment). Ajoutons les concepts flous tels que la peur de mal faire, celle de l’échec, la peur méconnue de l’effort, et achevons provisoirement par l’absence de signification, l’introuvable sens.

Confiance et sécurité, les deux paramètres premiers sans lesquels rien n’est possible.

Comprenons comment ils sont constitués, comment ils fonctionnent, cherchons où les trouver, appliquons-nous à les installer durablement.

http://www.ergotonic.net/gestion-du-stress/mecanismes-physiologiques-du-stress.html

Sociologie de l’éducation, M. Cacouault-Bitaud, F. Oeuvrard

Collection Repères, Edition la Découverte

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Une réflexion au sujet de « Parlons un peu du stress, de ses origines et de ses conséquences. »

  1. Le stress est une condition inévitable de la condition humaine. Le fait qu’il soit généré par des hormones n’est pas anodin. La question est de savoir apprendre à le gérer, à y faire face et ne pas se laisser déborder. L’environnement scolaire est très dur,C’est un reflet de la société. Les élèves sont mis dans des classes qu’ils n’ont pas choisis, avec parfois d’autres élèves qui vont les juger, les emmerder, mais aussi avec lesquels ils deviendront amis. C’est un panier de crabe dans lequel, bien heureusement il y a des adultes présents pour leur transmettre des savoirs, mais aussi les gérer, car j’en suis sûr, si les ados n’étaient pas encadrés, ils y aurait des lynchages. dans ce sens, j’ai la conviction que le stress généré par l’éducation national est un moindre mal. Il permet d’apprendre à coexister avec des personnes que l’on ne choisit pas. il faut faire avec et réussir à trouver sa place. Ça n’est pas évident, c’est parfois cruel, mais ça forge la personnalité pour la vie future. Le rôle de l’adulte est certes de rassurer l’enfant ou l’adolescent et de le prévenir des dangers qui l’entoure, mais il ne peut pas tout faire à sa place. La socialisation s’acquiert aussi par l’expérience propre. donc je radotte, mais ce stress est inévitable. il faut essayer d’apprendre à l’élève à apprendre à gérer ce stress afin qu’il devienne un atout, quelque chose qui le stimule et non quelque chose qui le paralyse.

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